le départ
 

 

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Lundi 17 septembre2001

      Toujours aucune nouvelle de CARUSO et de ses compères.

      Sont encore présents TETE BLANCHE, les deux jeunes et un petit dans la petite étable. Personne ne traverse le ciel dans la journée, pourtant, un mâle, ce matin sillonnait parmi les nuages en appelant…

      Aux dires de l’une de mes sœurs, un grand rassemblement aurait eu lieu jeudi dernier en fin d’après-midi, des centaines d'hirondelles et de martinets se seraient regroupés sur les fils électriques de la périphérie de Bourges.

Sur Henrichemont, le départ aurait eu lieu, juste après le gros orage du 15 Août.

      Pour ma part, j’ai vu tout un attroupement jeudi matin à quelques kilomètres de la maison, mais rien ici…

      Pourquoi TETE BLANCHE et les petits sont-ils encore là ? La météo est de plus en plus triste et je commence à m’inquiéter pour les retardataires tout en espérant qu’un départ ait lieu dans les jours à venir : ce moment est tellement émouvant, pour moi, que je me sentirais un peu frustrée de ne pas le vivre cette année.

Mardi 18 septembre 2001

      TETE BLANCHE n’est pas rentrée hier soir. Dans la matinée, un mâle sillonnait le ciel en appelant, était-ce un nouveau rassemblement ? Par contre, les deux petits du jeune père et un autre petit ont regagné leur nid pour la nuit et ce matin, ils restent dans l’étable tous les trois, que vont-ils devenir ? Cela m’inquiète un peu, j’espère qu’il y a encore quelques adultes dans le coin qui pourront les prendre en charge pour le retour et pour tout arranger, le temps est affreux : pluie, vent et surtout une température qui est plus proche de celle de la Toussaint que de celle de l’été indien.

Mercredi 19 septembre 2001

      Météo toujours aussi affreuse !

      Les deux petits ont dormi dans la chèvrerie et ce matin, surprise, réapparition du jeune père et du père Courage, les départs n’ont donc pas tous eu lieu, ce qui me rassure quant aux jeunes que je voyais mal passer l’hiver ici et surtout repartir seuls.

      Attendons la suite des événements !…

Samedi 22 septembre 2001

      Et voilà ! c’est fini.

      Je reviens de l’étable où j ‘étais allée fermer les portes et TETE BLANCHE, qui depuis trois jours avait refait son apparition pour passer la nuit à l’abri, est à son tour absente.

      Les petits sont partis absents depuis deux jours, leur père et un autre jeune avaient passé la nuit avec eux près du nid aujourd’hui déserté…

      Cette année, je n’aurai donc pas assisté au départ. Tout le monde est parti sans dire au revoir. Cela me rend triste mais ce n'est peut-être pas plus mal, pour être honnête, même si cela est un moment très émouvant, j’ai beaucoup de mal à voir partir mon petit monde…

      Bon voyage à tous, merci pour les précieux moments passés en votre compagnie et à l’année prochaine.

Mardi 25 septembre 2001

      Ce matin, huit heure trente, j’avais terminé de nourrir les chèvres et comme tous les jours je m’allouais un quart d’heure, avant la traite, pour faire le tour du jardin en fumant une cigarette.

      Tiens, toutes les hirondelles n’étaient pas parties, une demi-douzaine profitait du ciel du Sancerrois, gris encore ce matin. Brusquement, c’est par dizaines, venant du nord-est, que je vis arriver les oiseaux, des jeunes surtout et des mères, apparemment pas de mâles et s’il y en avait, ils ne se faisaient pas entendre, d’ailleurs, tout ce rassemblement se faisait sans pratiquement aucun bruit.

      Je m’armais de la caméra et commençais à filmer. Je ne savais où regarder, il y en avait partout,

un nombre incalculable qui survolait les toits, la cour et le jardin et finissait par se poser sur les fils électriques de la ferme voisine. Il a fallu une heure pour que tout le monde réussisse à se regrouper. Sur plusieurs mètres les fils étaient recouverts de petites boules noires et blanches perchées côte à côte, impressionnant !…

      Cependant, j’étais un peu déçue de ne pas avoir revu mes protégées. Habituellement, elles font une dernière visite à leur nid avant le grand départ et là, je n’avais vu personne pénétrer dans les étables, mais il est vrai aussi, que je m’étais pas mal déplacée pour pouvoir garder quelques images de leur passage et n’avais pu suivre ce qui se déroulait dans la cour.

      Quand, le cœur malgré tout un peu gros, je me décidais à reprendre mon travail et pénétrais dans l’étable, je trouvais une petite plume de poitrail, petite plume blanche bordée de beige rosé, or, j’avais balayé après la distribution du fourrage et il n’y avait aucune raison de trouver des plumes sur le sol, apparemment, on était quand même venu dire au revoir et je n’étais pas là, mais un souvenir était resté : une petite plume blanche bordée de beige… C'était bien cette fois un dernier au revoir.

 

 


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