et la vie reprend son cours
 

 

Accueil 
intro 
ebook 
Conclusion 
nous contacter 

 

 

 

 

 

 

Dimanche 19 août 2001

      J’ai l’impression que la tempête de l’autre jour a causé par mal de perte parmi les oiseaux. Le soir, ils sont beaucoup moins nombreux à voler dans le ciel…

      Hier soir, les CARUSO n’ont rentré qu’un seul petit, j’espère qu’il s’agit pour les autres d’une période d’apprentissage…

      CARUSO ! c’est vraiment un «personnage» étonnant !

      Je ne comprends pas bien son attitude envers la première couvée : ce désintérêt total, puisqu’il ne s’occupait des jeunes ni pour la becquée ni pour l’éducation.

      Pour les derniers-nés que d’attention toute paternelle !

      Il faut dire, que lorsque TETE BLANCHE avait ramené ses petits, après plusieurs jours d’absence, j’avais été très étonnée : les hirondeaux ne ressemblaient en rien ni au père ni à la mère.  Les oisillons étaient blancs et longilignes, ressemblant plus au jeune couple, qu’à leurs parents plutôt rondelets et colorés, surtout, comme je l’ai expliqué, CARUSO.

      Bien sûr, ce ne sont que des suppositions, mais aurait-il était possible que TETE BLANCHE, qui est arrivée bien après son compagnon, ait été en gestation lors de sa venue ! Pourtant, il m'avait bien semblé les avoir vu s’accoupler…

      Pour les oiseaux de basse-cour, il paraît que la gestation est d'environ trois semaines, en est-il de même pour tous les oiseaux ?  Ca j’en doute si l’on sait, par exemple, que les mammifères eux, portent, selon leur espèce, plus ou moins longtemps leurs petits.

      Je viens de remonter dans le temps. J’avais noté au 1er mai que CARUSO et TETE BLANCHE semblaient envisager de fonder une famille. Le 22 du même mois, la future Maman commençait à couver sérieusement, ce qui correspond à trois semaines et du coup ne répond pas à ma question : pourquoi le père avait-il boudé ses petits s’ils étaient bien de lui ?…

      Avait-il, à cette époque, un rôle de guetteur, comme je l’ai supposé, rôle plus important que celui de père ?

      Un autre a-t-il pris le relais ?  Une chose est sûre, un mâle est chargé de prévenir et de rassembler la colonie lorsqu’un danger est imminent, je l’ai encore constaté tout à l’heure : j’entendais l'épervier au loin, puis une hirondelle mâle s’est mise à crier pour ameuter ses congénères, et tout le monde s’est regroupé. Peut-on «imaginer» que tel était le rôle de CARUSO à la naissance de ses premiers bébés ?

Lundi 20 août 2001

      Ce matin, rassemblement sur les fils.

      Les jeunes de la petite étable n’étaient pas d’accord. Ils voulaient rentrer dans leur abri, mais un adulte s’est chargé de les en dissuader et cette fois encore, que de cris !

     Etait-ce la préparation à une grande ballade ou des exercices en prévision d’un départ imminent ?  Les jeunes, suffisamment forts, partent-ils plus tôt que les adultes vers le sud ? Il semble bien que cela ait été le cas pour la première couvée…

     Il faudra attendre quelques jours pour savoir ce qu’il en est vraiment.

     Pour le moment, notre jeune père ne quitte pas ses deux petits.

Mercredi 22 août 2001

      Notre jeune père n’est pas rentré hier soir, et moi je me suis fais des cheveux blancs !

      En définitif, Monsieur a découché…il n’a refait son apparition que dans la matinée…

      Toujours est-il, que je me suis demandée ce que nos  deux petiots allaient devenir s’ils se retrouvaient orphelins de père et de mère. Heureusement, Papa a regagné la maison et je me demande même, s’il ne s’est pas trouvé une nouvelle compagne. En effet, il n'était pas tout seul à son retour…On verra bien !  Cela voudrait dire  qu’une troisième couvée pourrait bien avoir lieu, ce qui, à ma connaissance est assez rare.

      En général, les nids ne sont remplis de nouvelles vies que deux fois.

      Jusqu’à maintenant, notre «couple star», ne rentre  le soir qu'un seul petit. Peut-être, est-il plus fragile que ses frères et soeurs. En tout cas, Papa et Maman montre beaucoup d’attention vis à vis de leur petiot.

      Il est vingt heures trente et j’entends mon petit monde qui commence à regagner leurs habitats. Je vais donc aller rallumer la lumière et la radio pour aider les jeunes à trouver leur chemin, (je n’aurais pas dû lire, il y a quelques années, «le Petit Prince» de Saint-Exupéry…le discours du renard m’a en effet beaucoup marqué !)

Dimanche 26 août 2001     

       J’espérais avoir le plaisir d’assister à une troisième éclosion de la vie, apparemment, il n’en sera rien. Il reste environ un mois et demi avant le grand voyage mais, à part le ballet du début de soirée, c’est un peu comme si mes amies m’avaient déjà quittée.

      C’est devenu triste dans l’étable.

      Dans la journée je n’ai aucune visite, hormis, parfois celles de CARUSO ou de TETE BLANCHE, et le soir  ceux qui restent et rentrent se coucher.

      Plus d’allées et venues…

      Plus de petits cris impatients…

      Plus d’inquiétude pour les jeunes imprudents…

      Plus de prises de becs entre adultes…

      Plus de poursuites infernales…

      Bref, plus rien de ce qui donnait une autre vie à l’étable et était le signe de la belle saison…

      Passent encore la nuit dans le bâtiment : Bébé CARUSO et ses parents, parfois le jeune père avec ses deux petits ou l’un des petits tout seul et le père Courage, c’est tout. Quand je pense au nombre d’oiseaux qu’il y avait à un moment, cela me donne un peu le cafard car je sais que bientôt, il n’y aura plus personne…

Lundi 3 septembre 2001

      Il est presque quatorze heure, il fait très beau et pourtant, pas une hirondelle dans le ciel.

      La semaine passée, la météo n’était pas vraiment agréable. Il faisait relativement froid, pratiquement quinze degrés de moins que les jours précédents. Nos oiseaux n’étaient pas très en forme. CARUSO et TETE BLANCHE ne quittaient pratiquement pas l'étable et ils semblaient tristes : aucun échange, pas même un petit cri de mécontentement, lui, restait perché sur le volet intérieur, tourné vers le mur, elle, sur le fil du néon semblait complètement absente, ils n’auraient pas été présents cela aurait été pareil… Bref, pas gai tout cela ! Depuis huit jours, Bébé ne rentre plus le soir, est-ce la cause de la morosité de ses parents ?

      C’est bizarre !

      Dans la petite étable, les parents et les deux petits survivants (le troisième a été attrapé par un chat, encore un !…)  se mettent à l’abri pour la nuit dans le bâtiment.

      Dans la chèvrerie, le jeune père, quand il craint le froid, rejoint son nid avec ses deux petits. 

      Chez la famille CARUSO, il n’y a plus d’oisillons et je n’ai pas l'impression que les parents retrouvent leur progéniture pendant la journée puisqu’ils passent la majeure partie de celle-ci à l'intérieur, que sont devenus les petits ?…

      Le père Courage, quant à lui, ne fait que de rares apparitions dans la journée et ne dort plus ici.

      Je ne vois plus la petite solitaire.

      Pourquoi je dis «la» ?  C’est vrai je n’ai pas encore expliqué comment reconnaître un mâle d’une femelle. A vrai dire cela n’est pas évident : la taille est pratiquement la même pour les deux, je pense que comme chez les humains, il y a des grands et des petits dans les deux sexes, regardez, TETE BLANCHE est plus grosse que CARUSO, par contre chez le jeune couple, lui était plus corpulent que sa compagne. Par contre la couleur, elle, diffère : le mâle est relativement plus coloré, son poitrail et la partie supérieure à la queue peuvent aller du beige rosé au beige presque rouge comme CARUSO, mais il est vrai que c’est la première fois que je vois une hirondelle aussi colorée que lui ; la femelle, elle, a le torse banc légèrement rosé et la partie supérieure à la queue rosée, mais cela varie d’un individu à l’autre cela va de soi.

      Il n’y a pas de doute, cela sent le départ.

      Depuis deux jours, chaque matin et chaque fin d’après-midi, tout le monde se retrouve sur les fils électriques, les jeunes rentrent et sortent dans les bâtiments plusieurs fois de suite, survolent les toitures, rentrent à nouveau, ressortent… et cela peu durer une bonne demi-heure, sont-ils entrain de repérer les lieux pour un futur retour, l’an prochain ?

      Décidément, je n’aime vraiment pas cette période ! Les chats, eux, vont être heureux, ils vont pouvoir, enfin, sortir dehors…

Mardi 4 septembre 2001

      Très vilain temps, aujourd’hui, tout le monde est resté au chaud ce matin, même le père Courage, qui n’a pas dormi dans l’étable s’est mis à l’abri. Tous ont le plumage complètement hérissé par le froid, ils ont doublé de volume…Si cela continue, le départ ne saurait tarder et cela serait un mois plus tôt que les autres années : mauvais auspices pour cet hiver…Pour peu que les grues, elles aussi, redescendent vers le sud, il faudra penser à rentrer du bois…J’ai l'impression que beaucoup d’hirondelles sont déjà parties vers des climats plus chauds, elles sont de moins en moins nombreuses le soir à se rassembler, il est vrai que la nuit tombe plus vite et la fraîcheur se fait sentir plus tôt alors je ne m’éternise pas dehors mon jugement en est peut-être faussé…

Mercredi 5 septembre 2001

      Je ne sais pourquoi, mais ce matin, ces messieurs font une «fixation» sur leur nid respectif et cela entraîne pas mal de discutions. Le jeune père est même revenu avec une jeune dame…

      Ceci dit, j’étais bien contente de savoir que CARUSO n’avait pas perdu sa voix !…

Lundi 10 septembre 2001

      Visite d’une amie, une porte mal fermée et tous les chats se sont retrouvés dehors ; j’ai réussi à en rentrer trois, mais deux des chattes et les plus chasseresses, évidemment, n’ont pas voulu regagner la maison.

      En fin d’après-midi, TETE BLANCHE a fait son apparition sans CARUSO ce qui n’arrive jamais, c’est un couple relativement frileux et dès que la température commence à baisser, il se met vite au chaud et ne quitte pas l’étable avant dix heure le lendemain matin. C’est vrai qu’il fait assez froid pour la saison : guère plus de quinze degrés dans la journée…Bref, nouvelle inquiétude quant à l'absence de CARUSO. J’ai guetté et guetté encore son retour mais sans résultat, pas de doute, une des chattes avait dû réussir à l’attraper…

      Au moment de fermer les portes, à la nuit tombée, toujours aucun signe de vie de mon oiseau, mais après mon recensement quotidien, aucun mâle n’était présent, seuls s’étaient mis à l’abri TETE BLANCHE et les deux petits du jeune père, que se passe-t-il ? pourquoi les mâles ne sont pas venus dormir au chaud ? J’ai bien peur que la réponse me soit donnée demain matin. A mon avis, le grand départ est plus que proche…Je ne vois pas d’autre explication.

Jeudi 13 septembre 2001

      Pas de nouvelle de CARUSO et des deux autres mâles depuis l'autre jour.

      Aujourd’hui, il fait à nouveau, très mauvais temps : pluie, vent, froid, il est quatorze heure trente et seule TETE BLANCHE est à l'abri.

      Le soir, il n’y a pratiquement plus d’hirondelles dans le ciel, quelques blanches et très peu des miennes, s’ébattent encore parmi les nuages avant la tombée de la nuit.

      Le grand départ aurait-il eu lieu sans que j’en aie été témoin ?

      Etonnant, si l’on sait que tous les ans, les oiseaux se regroupent sur les fils de la cour et ceux de la route longeant mes bâtiments avant de s’envoler vers des pays plus chauds situés en Afrique.

      Etonnant, si l’on sait qu’avant de partir, petits et adultes font le tour du propriétaire : survolant les toitures, rentrant et sortant des étables plusieurs fois de suite.

      Alors ?

      Cette fois encore pas de réponse, que des suppositions : le lieu de ralliement a peut-être été changé ; les pères sont peut-être chargés de rassembler tous les petits dispersés dans divers endroits, qui parfois peuvent se trouver à une longue distance ; je ne sais pas, seuls, peut-être, les jours à venir me donneront une réponse.

      Je dois avouer que l’absence de CARUSO me manque déjà, mais du fait qu’il serait arrivé le premier, peut-être est-il normal qu’il soit le premier à partir.

 

 


Copyright (c) 2004 Tous droits réservés.

j-le-dall@wanadoo.fr