la colére du ciel
 

 

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Jeudi 16 août 2001

      J’avais rêvé, il y a quelques jours, que je trouvais, le matin, une hirondelle qui s’était noyée. Je ne comprenais pas, comment une hirondelle aurait pu se noyer «aux Anes» ?

      Aujourd’hui, je sais.

      Hier, après avoir dîné, comme tous les soirs, je m’étais installée sur mon banc pour profiter de mon spectacle préféré : le ballet des hirondelles. Vers dix neuf heure trente, le ciel avait commencé à se couvrir, certainement de l’orage au loin ! Les oiseaux s’étaient regroupés plus tôt que d’habitude, mais cela était normal, quand le temps est gris tout le monde regagne ses pénates dès que la lumière devient plus sombre.

       J’allais fermer les fenêtres et la petite porte de la chèvrerie, laissant la porte principale grande ouverte, espérant que mon petit monde ne tarderait pas à rentrer.

      Ce que je vis m’atterra. A une cinquantaine de mètres, au sud et à l’ouest, le ciel était complètement noir, comme si la nuit était tombée, je n’avais encore jamais étais témoin de ce genre de phénomène. Les oiseaux commençaient à paniquer. Je pensais qu’ils allaient rentrer au plus vite, mais il n’en fut rien, la panique l'emportait. Brusquement, le vent se mit à souffler puis se déchaîna. Il était vingt heure et on se serait cru en début de nuit tellement l’obscurité était profonde. Aucun de mes protégés n’avait regagné son abri. La pluie se mit à tomber avec une violence rare, j'avais été obligée de fermer l’un des battants de la porte, le plafond se soulevait de façon inquiétante.

       Le père Courage finit quand même par rentrer, puis ce fut le tour du jeune père, puis TETE BLANCHE, mais c’était tout.

      La tempête devenait de plus en plus violente.

      TETE BLANCHE réalisa que ses petits ne l’avaient pas suivie et ressortit à mon grand désespoir ; CARUSO rentra enfin.

      Les éléments étaient déchaînés, je dus fermer entièrement la porte. L’orage était arrivé. Je dois avouer que je n’étais pas fière renfermée dans l’étable…

      Qu’allaient devenir tous les absents ? Comment les petits, qui ne sortaient que depuis deux jours, pouvaient se tirer de ce mauvais pas ? Pour moi, il n’y avait pas grand espoir de les revoir vivants. Les pères, conscients de la menace qui pesait sur leurs familles, étaient agacés et volaient en criant dans le bâtiment, vraiment tout pour me rassurer ! Vers vingt et une heure, les choses semblant se calmer, j’ouvrais les portes espérant je ne sais quel miracle. Une demi-heure plus tard, le miracle n’avait pas eu lieu…Il faisait nuit noire, plus personne ne rentrerait, je fermais donc la chèvrerie.

      Sincèrement, ma nuit fut terrible : j’avais toujours l’impression d’entendre les oiseaux.

      Au réveil, pas un chant ne venant de l’extérieur, ce qui ne laissait rien augurer de bon.

      Les bâtiments ouverts, CARUSO et le jeune père se précipitèrent dehors appelant à tue-tête leur progéniture.

      La matinée se passa sans aucun retour, pas de TETE BLANCHE, pas de petits…Mais j’espérais encore. Il y avait sur le fil qui relie la maison à la petite étable, plusieurs jeunes dont la petite solitaire, qui apparemment ne quitte pas la famille CARUSO. Pour le moment, toujours aucune présence, sauf celle de TETE BLANCHE que je désespérais de revoir un jour. Tout n’est peut-être, pas perdu ! Mais on annonce de nouveaux violents orages pour l’après-midi…

      Une bonne nouvelle, quand même, c’est que la famille de la petite étable qui rentre toujours beaucoup plus tôt que les autres, est, elle, saine et sauve, mais les parents refusent de laisser sortir les petits ; depuis ce matin, ils restent à l’abri et pourtant, pour l'instant, le temps est calme, quelques gouttes d’eau de temps en temps, mais rien de bien méchant.

Vendredi 17 août 2001

      INCROYABLE MAIS VRAI !

      Comme je l’ai dit hier, j’avais vu sur le fil de la cour des oisillons et bien sur, j’espérais qu’il s’agissait de mes petits.

      Vers vingt heures, j’avais enfin pu voir que c’était CARUSO qui apportait la becquée. Par contre, il était difficile de savoir combien de jeunes étaient les siens.  Je n’allais pas tarder à le savoir.

      Avec, cette fois encore beaucoup de difficultés, TETE BLANCHE et CARUSO réussirent à faire pénétrer leur petite famille dans l’étable. Il restait trois bébés, il en manquait donc un mais je pense que cela aurait pu être pire…Une fois la «marmaille» rentrée, les parents ressortirent et quelques minutes après, tout le monde était à nouveau dehors : quelque chose avait dû les effrayer. Nouvelle recherche faite par les parents. Au bout d’un moment, ils ramenèrent deux des petits. J’étais dans l’étable et surveillais le père Courage afin d’éviter qu’il joue encore un mauvais tour aux oisillons, Papa et Maman étant ressortis ; à leur retour, ils se perchèrent près des deux «rejetons» et brusquement, TETE BLANCHE s’adressa à son compagnon sur un ton que je trouvais plutôt autoritaire. CARUSO s’envola aussitôt. Quelques minutes après, il revenait avec le troisième bambin.

      Autre bonne surprise, le jeune père est rentré avec deux de ses petits.

      Je reviens de l’étable, j’avais entendu des cris et je craignais que notre père Courage ait encore manifesté sa méchanceté, qui n'est peut-être que de la jalousie vis à vis des autres parents…

      Tous les survivants sont à l’abri pour la nuit.

 

 


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