et la vie n'est qu'un éternel recommencement
 

 

Accueil 
intro 
ebook 
Conclusion 
nous contacter 

 

 

Mercredi 11 juillet 2001

       A nouveau les Mamans gardent le nid. Bientôt, nous aurons des oisillons et les parents devront réitérer leurs efforts pour les aider à grandir. Pour l’instant, les choses suivent leurs cours : couver, manger, voler quand même un peu et dormir.

      Les aînés se font de plus en plus rares, où sont-ils partis ? Je ne saurais le dire, mais ils me manquent.

      Nous avons encore eu la visite des deux «affreux» mais ils n'ont pas insisté quand ils m’ont vu entrer dans l’étable, je crois que cette fois ils ont compris !

      Plus inquiétant, les éperviers n’arrêtent pas de tournoyer dans les parages et cela ne me rassure pas quant au destin des jeunes, livrés à eux même.

      Je ne l’avais pas encore remarqué, mais notre jeune couple a, lui aussi, des signes physiques bien particuliers : la plupart des hirondelles ont la gorge rouge, le reste de la tête à partir du bec, est noir si bien qu’il est difficile de distinguer les yeux. Notre jeune couple lui, a la face marron ce qui met bien en évidence les yeux et le bec et donne à leur tête une forme plus allongée. Le mâle n’a pas la même façon de s’exprimer que les autres «mecs» : cela ressemble beaucoup plus au chant des moineaux, sauf quand il est en colère…

      CARUSO lui, n’a  évidemment pas son pareil pour attirer l'attention, mais il a aussi une particularité dont je n’ai pas encore parlé : d’abord, c’est loin d’être un balèze, il est à moitié moins gros que la plupart des mâles de son espèce, mais tout son poitrail est brun rosé ce qui n’est pas commun. C’est amusant, je crois que lui et TETE BLANCHE reconnaissent leurs noms, quand cette dernière est dans son nid, et que je ne peux l’apercevoir, il suffit que je prononce son nom et elle montre sa tête, ils sont aussi les seuls à supporter mes allées et venues sans aucune frayeur, bref, ils sont super !

Samedi 21 juillet 2001

      Depuis plusieurs jours je n’ai rien relaté, c’est vrai qu’il ne se passe pas grand chose. Le temps, la semaine passée, a été complètement pourri, de la pluie, du vent, des températures tellement basses qu’il a fallu rallumer le chauffage…Les éléments étaient tellement déchaînés, que, plusieurs fois, j’ai été obligée de fermer l’étable pendant la journée pour éviter que le plafond, qui, comme je l’ai expliqué, est très léger ne soit arraché. Nos oiseaux restaient donc à l’abri pendant des heures mais cela n’a pas posé de problème, ils trouvaient de quoi se nourrir en voletant dans le bâtiment : les mouches y sont relativement nombreuses et je me refuse à employer des produits chimiques, donc pas de danger pour nos hirondelles. Dès qu’une accalmie se présentait, j’entrouvrais la porte pour que tout le monde puisse un peu s’aérer.

      Mais parlons un peu de nos hirondeaux.

      Il m’est arrivé plusieurs fois, de voir passer, au-dessus de la maison, des bandes de jeunes, combien étaient-ils ? Je ne saurais le dire, peut-être cinquante, peut-être plus, mais c’était toujours à la même heure, entre seize heures et seize heures trente, ils venaient de l’Est et se dirigeaient vers le sud-ouest, je me demande s’ils vivent en groupes, si des adultes les encadrent, s’ils se retrouvent tous dans un même lieu pour se mettre à l’abri ou si, dès qu’ils en sont capables, descendent vers le sud…Que de questions encore sans réponse.

      CARUSO m’a fait une grande peur hier ; lui qui est relativement frileux, ne sort pas de l’étable avant dix heures et quand il fait trop froid, ne fait que de brèves promenades, a été invisible la plus grande partie de l’après-midi et de la soirée, de quoi s’inquiéter…Et évidemment, nous avions eu la visite de l'épervier, de là a imaginer le pire il n’y avait qu’un pas…Mais à maintes reprises, j’avais été attirée à l’extérieur par des cris, apparemment, il n’y avait pas de danger, rien de menaçant dans le ciel, par contre, des petits faisaient, semble-t-il, leur première sortie et un adulte n’arrêtait pas de décrire des cercles autour d'eux en criant et j’ai bien l’impression qu’il s’agissait de CARUSO. Pourquoi lui ?

    Je suis sûre que cet oiseau tient un rôle bien particulier dans la colonie du coin. Quand je le trouvais paresseux, après la naissance de ses petits et que seule, TETE BLANCHE se chargeait de les nourrir, il passait la majeure partie de son temps sur son fil, à l’extérieur, mais sans que je sache pourquoi, brusquement, je le voyais s'envoler poussant de grands cris dans telle ou telle direction, puis revenir sur son perchoir, se remettre à chanter, discuter avec un ou une congénère, puis repartir à toute allure toujours aussi fâché…

Lundi 23 juillet 2001

      Voilà, je vais avoir l’impression de me répéter, mais la vie est à nouveau apparue dans la petite étable : découverte de petits débris de coquille d’œuf, allées et venues des parents se débarrassant des déchets.

      J’avais pensé qu’il s’agissait d’un nouveau couple qui  avait construit une bâtisse neuve, mais après réflexion, il semble que cela soit les premiers occupants : pendant les travaux les petits continuaient de s’abriter, la nuit, dans le bâtiment, ce qui n’aurait sûrement pas été possible avec un couple étranger. Nos aînés ont donc maintenant des petits frères et sœurs.

      Dans la chèvrerie, là aussi, récupération de morceaux de coquilles, mais d’où viennent-ils ? De chez TETE BLANCHE ? De chez notre jeune couple ? Si j’en juge par leur comportement : inquiétude, agressivité du père, je pense que nos jeunes pourraient être à nouveau parents, mais il faudra attendre un ou deux jours pour en être absolument sûr.

      Je vais revenir à CARUSO.

      Ce qui le différencie des autres mâles, c’est non seulement sa couleur, comme je l’ai déjà mentionnée, mais surtout son chant. Il me faudrait de plus amples connaissances musicales, ce que je n’ai pas, pour expliquer sa façon de chanter, le plus simple, est peut-être de dire que son chant est continu, il n’y a pas de silence ou de pose, c’est un enchaînement de sons ininterrompus, ce que ne font pas les autres mâles, qui eux semblent répéter inlassablement le même refrain et toujours le terminer par les mêmes vocalises.

       Les femelles, elles, n’ont pas cette façon de s’exprimer, on pourrait plutôt dire qu’elles gazouillent. A vrai dire il est rare de les entendre sauf, bien sûr, s’il y a un danger, alors là, ce ne sont plus de doux chants mais carrément des cris de colère et de peur.

       Le soir venu, lorsque les couples sont réunis côte à côte, chacun semble discuter à voix basse avec sa chacune, comme s’ils se murmuraient des choses «très personnelles» à l’oreille. Je dois dire que chaque fois qu’il m’a été donné d’assister à ce genre de «confidences», j’en ai été très émue…

Mercredi 25 juillet 2001

      Je pensais que les choses étaient dites et qu’il n’y aurait certainement plus de grands événements à relater, mais tout compte fait, je m’aperçois que l’observation de deux nids est plus intense que celle de trois surtout si leur stade d’évolution est différent, ce qui n’est pas le cas en ce moment : les deux constructions abritant, à nouveau, de jeunes vies.

      Pendant la première période, mon attention s’était surtout focalisée sur le nid d’entrée ; celui-ci étant le premier à m’offrir l'occasion de raconter ce qui se passait et à vrai dire je n’avais pas été déçue.

      Aujourd’hui, je peux confirmer ce qui avait pu me paraître, alors, comme extraordinaire : je pense notamment au fait que j'avais vu les parents semblant parler à leurs petits. Et c’est un fait, mais ce ne sont pas les deux parents qui discutent, aussi curieux que cela puisse paraître, ce sont les pères, eh oui ! perchés sur le bord du nid, la tête à l’intérieur de celui-ci ce sont de doux «witt witt», comme s’ils cherchaient à rassurer leurs petits.

      Je me demande ce qu’ils ressentent.

      Je vais faire hurler dans les chaumières si je parle de sentiment chez les animaux. Ce ne sont que des oiseaux m’a-t-on déjà dit et pourtant, depuis le temps que je vis avec des animaux et que je les observe, je peux assurer qu’eux aussi ressentent des «choses» : je me souviens de l’une de mes chèvres à qui j’avais été obligée d’enlever le bébé, peut-être difficile à croire, mais celle-ci, s’est laissée mourir après le départ du petit et aucun traitement n’a pu la sauver, elle ne voulait plus vivre…Et, toujours, quand je sépare une mère de son chevreau : les pleurs et les appels pendant plusieurs jours et rien à faire, ni gâterie, ni caresse ne lui font oublier l’absence de son enfant.

      On reconnaît bien que les bêtes puissent avoir mal ou peur, alors pourquoi n’auraient-elles pas de la peine ou de la joie ?

      Je reviens de l’étable.

      TETE BLANCHE et CARUSO n’ont apparemment pas fini de me surprendre. Tout à l’heure, j’ai surpris le père dans le nid et la mère sur le fil du néon…Voilà qui est nouveau ! En général, les pères se contentent de rester sur le bord du nid mais jamais à l'intérieur…

Dimanche 29 juillet 2001

      Ca y est ! La vie est à nouveau très active dans tous les nids.

      Trois petites têtes se dressent chez le jeune couple quand Papa ou Maman reviennent le bec chargé de gâteries. Avant-hier, l’un des parents est arrivé avec un taon, (ce qui semble être le repas favori de nos oiseaux), plus gros que la tête du petit auquel il était destiné, résultat, le bébé n’a pu l’avaler et j’ai donc récupéré l'insecte dans l’étable ce qui ne me plaît guère… Et depuis, j’en ai trouvé d’autres car bien sûr, les proies sont apportées vivantes aux jeunes affamés.

      Chez TETE BLANCHE et CARUSO, même activité, pour le moment, je n’ai vu que deux petits, les parents n’arrêtent pas et Papa s’occupe avec beaucoup d’attention de sa progéniture, personne ne peut approcher du nid.

      Je ne sais pas si cela est une impression, mais je trouve que les choses ont évolué beaucoup plus vite

que lors des premières couvées. Les bébés me semblent aussi plus vifs, plus dégourdis, il faut les voir se dresser pour avaler la nourriture tant attendue…

      Dans la petite étable, j’ai même eu la surprise de voir les oisillons déjà couverts de duvet, pourtant, ce n’est pas faute d'avoir suivi l’évolution…

      Il y a longtemps que je n’ai pas parlé de notre père Courage. Depuis le départ de ses petits, il rentre tous les soirs dans l’étable et vient quelques fois faire un petit tour dans la journée. Plusieurs fois, il est venu très fâché, virevoltant autour de l’emplacement de son ancien nid. Un jour, il a même amené avec lui une jeune femelle, j’étais contente, je me suis dit que bientôt, un nouveau couple allait se former ; pas de chance, la belle n’est pas revenue. Hier, j’ai donc décidé de découvrir l’endroit, espérant malgré tout ne pas voir resurgir le «couple infernal».

      Quelques minutes après, j’ai vu apparaître notre père avec un couple de jeunes qui, si j’en juge à la longueur de leurs queues, ne pouvait être que ses enfant, premiers nés dans l’étable cette année, cette fois encore, je me suis mise à espérer…Mais je n’ai revu personne dans la journée…

Jeudi 2 août 2001

      Canicule depuis plusieurs jours, la première chose que je fais en me levant, le matin, est donc d’ouvrir tous les bâtiments, pour que l’air frais puisse rafraîchir l’atmosphère.

       Je m’étais aperçue, depuis deux jours, que les petits chez TETE BLANCHE, étaient quatre. Quand les parents apportaient la nourriture, l’un des oisillons se montrait très imprudent s'approchant trop près du bord du nid, à chaque fois, je n’avais qu'une crainte : qu’il tombe…

       Eh ! bien, c’est malheureusement ce qui est arrivé : ce matin donc, sous le nid se trouvait un bébé, couché sur le dos. Bien sûr, il ne fallait pas le toucher. Je me précipitais donc jusqu’à la maison afin de me munir de «sopalin».

       De retour dans l’étable, je ramassais délicatement le petit corps et m’apercevais qu’il était encore en vie. Avec un brin de paille j’examinais les ailes, les pattes, tout semblait normal, sauf la température du corps, il était relativement froid.

      Evidemment, le nid de TETE BLANCHE est au plus haut du plafond, (environ trois mètres et demi), pas facile d’aller remettre la petite bête dans son logis… Il me fallait une échelle. L’échelle installée, il fallait arriver à poser l’oisillon sans toucher au nid. Je jure que cela n’est pas simple du tout. En plus, il fallait profiter de l’absence des parents pour agir, bref vraiment la «poisse»…

      Le petit remis au nid, non sans difficultés : il s’accrochait au papier, il fallait espérer que les parents acceptent de continuer à s'occuper de leur progéniture. Je dois avouer que j’ai eu très peur. 

     Après être aller au nid, les adultes semblaient s’interroger sur les événements et pendant  environ un quart d’heure n’apportèrent rien à manger. Puis la mère se décida à reprendre son activité. CARUSO suivit à son tour et au bout d’un moment, je vis quatre petits becs s’ouvrir en grand à l’approche de Papa et Maman. Apparemment, le sauvetage avait réussi.

      J’espère seulement, que le jeune imprudent, n’a rien de cassé.

      Espoir de courte durée avec notre père Courage. Il a amené, ce matin, une jolie jeune dame, mais les autres occupants ont réussi à la faire fuir, dommage…

Samedi 4 août 2001

      Sauvetage raté…

      Hier, j’ai passé une partie de mon après-midi à installer «un filet de sécurité» sous le nid de la famille CARUSO, pas évident d'ailleurs !… A une cinquantaine de centimètres, sous la construction, j’ai réussi à clouer trois lamelles de bois sur lesquelles j’ai posé une large caissette en carton, (de celles dont on se sert pour exposer les fruits ou les légumes), que j’ai fixée avec du ruban adhésif. Cela n’empêchera pas les petits de tomber, mais cela amortira au moins la chute au cas ou…

      Ce matin, un pressentiment m’habitait.

      Il fallait que je voie si le carton était bien vide, je n’avais aperçu que deux oisillons.

      Après avoir grimpé sur une botte de fourrage se trouvant à proximité de l’endroit suspecté, je vis qu’effectivement, un petit se trouvait, gisant dans la cagette. Il me fallait l’échelle. Après l'avoir installée, je réussis à retirer le petit corps. Bien sûr, le bébé était mort, aplati comme une galette, sûrement le petit de      l'autre jour, ses frères et sœurs avaient dû se coucher sur lui…

      Evidemment, j’étais désolée mais il fallait bien que je fasse mon travail. J’allais donc ranger l’échelle : cet objet crée chez les chèvres une peur bleue…

      Quand je revins dans l’étable, je jetais un coup d’œil au nid et là, surprise, le carton remuait. A nouveau, escalade de la botte : un petit était tombé ; à nouveau aller rechercher l’échelle ; à nouveau se procurer une feuille de papier ; à nouveau récupérer l'imprudent ; à nouveau le déposer dans son nid avec précaution ; à nouveau espérer que les parents ne m’en voudraient

pas…Et, surprise, au bout d’un moment, je vis à nouveau, quatre petits becs s’ouvrir en grand à l’approche des adultes, ce qui laisse à penser qu’une fois

encore je m’étais trompée sur le nombre de jeunes, qui en définitive étaient cinq.

      Il ne faudrait quand même pas que cette aventure devienne une habitude, cela finit par être épuisant !   Malheureusement, j’ai bien peur que cela arrive encore. Le nid est bien trop petit pour des garnements intrépides, il manque surtout de profondeur : pas plus de trois centimètres et évidemment, quand la nourriture arrive, c'est la bousculade et inévitablement la chute.

Mardi 7 août 2001

       Cette fois, le sauvetage a réussi et nos quatre bébés vont bien, pour l’instant… Le temps est depuis quelques jours, à nouveau, affreux !

      Nos pauvres parents ont bien du mérite pour nourrir leurs progénitures. Dès qu’une accalmie se présente tout le monde s'active et ce sont des allées et venues tellement rapides, qu’à peine sorti on est déjà rentré, le bec plein, prêt à assouvir la voracité des petits.

      La famille de notre jeune couple est très drôle : non seulement elle crie sa faim à la venue de Papa ou Maman, mais en attendant leur arrivée les trois oisillons discutent entre eux, et quels bavards ! Je ne m’étais encore jamais aperçu de ce fait, et c’est vrai que chez TETE BLANCHE les enfants sont beaucoup plus discrets.

      Nos sept petits ont beaucoup changé en quelques jours et ils commencent à devenir d’adorables oisillons. C’est vrai que si à la naissance, les petits sont, à mon avis, très laids, dès qu’ils deviennent un peu plus «grands», je les trouve très jolis. Ils font déjà les premiers essais avec leurs ailes et je pense que d’ici quelques jours, ils vont essayer de s’envoler.

Vendredi 10 août 2001

      La journée promettait d’être belle. Le soleil nous honorait à nouveau de sa présence.

      Pourtant, elle devait mal débuter.

      Quand je commence mon travail, le matin, je laisse sortir deux des chats, la vieille Cassiopée et Céleste le chat.

      Evidemment cela me demande de la vigilance.  Dès que les oiseaux manifestent un certain mécontentement, je suis obligée d'intervenir et souvent, je rentre Céleste pour calmer les esprits. Malheureusement, ce matin, je n’ai pas pu intervenir assez vite et l'un des oisillons de la petite étable a été attrapé par le chat, j’ai bien essayé de rattraper le matou mais sans succès.

      Je m’en veux, hier, j’avais eu besoin de paille. J’étais donc allée en chercher dans la petite étable, là où elle est entreposée pour la semaine. En arrivant, j’avais vu les petits perchés au-dessus de la porte et pour ne pas les effrayer j’avais remis à plus tard le travail projeté.

      Ce matin je ne me suis pas méfiée et le drame est arrivé. Depuis ce moment, la mère n’arrête pas de tourner dans la cour et au-dessus des bâtiments, appelant son petit. Les frères et sœurs, eux, ont fait leur première sortie…

      Je m’en veux mais c’est vrai qu’il m’est difficile d’être partout en même temps : aux chèvres, aux hirondelles et à surveiller les chats. Une chose est sûre, Céleste n’est pas prêt de ressortir !

      Dans la chèvrerie, grande animation ! Une nouvelle venue a fait son apparition, peut-être une compagne pour notre père Courage ? Les autres n’apprécient pas du tout et je me demande si cette fois la dame va réussir à s’imposer, j’en doute, car elle aussi, semble plus intéresser par les nids existants que par la construction de sa propre demeure. A suivre…

       Qui est qui ?

      J’ai enfin la réponse, grâce au «Larousse Illustré» : les hirondelles blanches sont dites de «fenêtres» ;  les noires, donc les miennes, de «cheminée», pourquoi ? Ca alors, encore une colle !…

Dimanche 12 août 2001

      PAGAILLE dans la chèvrerie !

      Je ne sais pas ce qui se passe, mais les choses sont loin d’être faciles, cette année.

      Hier, en début de soirée, un jeune a pénétré dans le bâtiment, à mon avis, il était sorti du nid il y a une huitaine de jours si j’en juge à sa morphologie : quand les petits commencent à voler, ils sont, comme tous les bébés, tout rond et leur plumage est encore du duvet. L’intrus, lui, était assez allongé et tout blanc, donc plus vieux. Le problème, c’est que ce jeune n’était pas décidé à sortir de l’étable ou plus exactement ne savait pas comment y arriver. Résultat, il volait dans tous les sens complètement paniqué mais, excitant les parents résidant dans l’étable.

      CARUSO était furieux, d’autant plus que l’oisillon avait cherché refuge dans son nid et ce père, cette fois si attentif à sa progéniture, du coup, refusé de nourrir ses petits ; même comportement pour TETE BLANCHE.

        L’indésirable n’étant pas entièrement à l’intérieur du nid, je profitais de l’absence des parents pour le chasser à l’aide d’une baguette de bois en lui touchant, doucement, le bout de sa queue qui dépassait de la construction. Là, après de nombreux vols effrénés, il décida de se posé dans le nid du jeune couple. Cette fois encore, panique chez la famille, et impossible de le sortir des lieux…

      Evidemment, je ne savais plus à quel saint me vouer et dus me reconnaître vaincue. Je laissais donc les choses en l’état, espérant que le petit finirait bien par essayer de rejoindre ses parents avant la tombée de la nuit.

      Il n’en fut rien.

      Quand, comme tous les soirs, j’allais fermer les portes et recenser mon petit monde, (toujours avec l’appréhension qu’il manque quelqu’un), le jeune était toujours là, perché près du nid de CARUSO.

      Par contre, la jeune mère était absente.

Je regardais partout où elle avait l’habitude de se poser dans la journée, personne. J’espérais qu’elle s’était couchée dans son nid prés de ses petits et que je la reverrais le lendemain matin.

      Mais ce matin, la Maman n’était pas là. Peut-être avait-elle eu peur et reviendrait-elle dans la matinée !…Je cherchais quand même mais ne trouvais aucun oiseau sur la route ou dans le jardin, cela me laissait un peu d’espoir. La matinée s’est passée et pas de retour.

      Par contre, un jeune, identique à celui de la veille avait fait son intrusion dans la chèvrerie.

      Je ne comprends rien à cette histoire ! Que se passe-t-il ? En fin de matinée, c’est un couple qui a investi les lieux…Je ne sais plus quoi penser de tout cela. Et pour couronner le tout, deux des petits du jeune couple se sont envolés à l’extérieur, apeurés par tout ce remue-ménage. Le père semble complètement dépassé par les événements, j’espère, au moins qu’il réussira à les rentrer avant ce soir.

      Il n’est que quinze heures, je me demande ce que me réserve cette fin de journée… Pour le moment, j’entends toujours des cris dans l’étable, les choses ne semblent donc pas évoluées dans le bon sens.

Mardi 14 août 2001

      Effectivement, la journée n’était pas terminée !

      En début de soirée, je guettais avec inquiétude le retour du jeune père et de ses deux petits. Juste

avant la tombée de la nuit, l’adulte rentra, mais seulement avec l’un de ses oisillons et toujours aucun signe de vie de la mère…

      Le jeune de la veille refit son apparition, créant à nouveau quelques perturbations et passa la nuit dans l’étable.

      Hier matin,  nouvelle invasion.

      Je ne sais pas combien d’oiseaux ont investi les lieux, mais ils n'étaient pas que deux cela est sûr !

       Effrayés, les deux petits survivants du jeune couple, se sont enfuis. Le père déjà perturbé par les événements la veille : (il avait oublié qu’un petit était resté au nid, que ce dernier avait besoin d’être restauré et était complètement paniqué par ce qui arrivait), ne savait plus que faire… Il se décida à sortir à la recherche de sa progéniture.

      Il ne me restait qu’à espérer que tout le monde rentrait le soir sain et sauf.

      Il faisait beau, je passais donc ma soirée dehors à attendre le retour de mes protégés. Mais vers vingt et une heures trente, au moment de fermer les portes, le nid était toujours vide. J’avais pourtant laissé la lumière et la musique pour les aider à retrouver leur chemin.

      A un moment, j’avais bien vu deux petits essayaient de pénétrer dans le bâtiment mais sans succès. Apparemment, le père Courage, s’était chargé de les faire fuir. J’en arrive à me demander s’il n’est pas la cause de tous les ennuis précédents : il reste pratiquement toute la journée à l’emplacement de son nid, donc au-dessus de la porte, et dès que quelqu’un se présente, il charge et chasse tout ce qui bouge…

      Là, je dois avouer que je ne sais pas trop comment agir : les petits de CARUSO sont sur le point de prendre leur envol et je ne voudrais pas qu’il leur arrive des ennuis, sans parler de l’épervier qui s’enhardit de jour en jour et vole de plus en plus prés des toits.

      Cette année c’est vraiment la «galère» ! D’ailleurs, j’ai omis de mentionner l’absence de l’un des parents de la petite étable ce matin. Là encore, je n’ai pas d’explication. Pourtant, j’attends que la nuit commence à tomber pour fermer toutes les portes, et ainsi être sure que tout le monde est à l’abri

      Je voudrais parler de ce moment à la fois magique et paniquant qu’est la fin de soirée.

      Entre vingt heures et vingt et une heures trente, à cette période de l’année, le ciel est peuplé d’une centaine d’hirondelles, blanches et noires, ou plutôt devrais-je dire de fenêtre et de cheminée.

      Tout le monde vole ensemble. Et ce sont des petits cris, certains de plaisir, d’autres, des petits qui se sont égarés et recherchent leur famille, d’autres, plus stridents, de parents inquiets de ne pas retrouver leur progéniture.

      Et doucement le soleil se couche.       

      Des petits groupes se forment et partent chacun de leur côté. Quelques retardataires appellent et finissent par se retrouver. Et, brusquement, c’est le silence. Tous les oiseaux quel qu’ils soient se sont tus.

      A chaque fois, je ressens un sentiment étrange qui ressemble presque à de la peur, c’est comme si tout avait cessé de vivre.

Mercredi 15 août 2001

      Première sortie de la famille CARUSO hier après-midi. Mais aussi pas mal de difficultés pour faire rentrer la petite «marmaille».

      Ce matin, première douche, un gros orage a éclaté alors que tout le monde était dehors.

      Décidément, la vie n’est pas toujours drôle !

      Hier soir, surprise ! notre jeune père a refait son apparition accompagné de l’un de ses petits. Il a profité de l’absence du père Courage pour reprendre possession de son nid. 

      Le jeune solitaire a, lui aussi, passé la nuit dans l’étable. Dieu sait pourtant s’il n’est pas bien reçu par les autres habitants ! Mais cela ne fait rien, il s’entête, il a décidé que c’était, maintenant, chez lui.

      Mes craintes étaient bien fondées, c’est vraiment le père Courage qui met la pagaille dans l’étable. Ce matin il s’en est pris au jeune père et à son petit d’une façon très agressive, à tel point que j’ai été obligée de le chasser. Heureusement, il suffit que je m'approche de lui pour qu’il se sauve.

      Je dois avouer que, pour moi, travailler en ce moment, est assez pénible. Les petits, après leur première sortie deviennent peureux, peut-être commencent-ils à prendre conscience des dangers qui les entourent. Toujours est-il, qu’il m’est difficile de me déplacer dans l’étable sans les effrayer. Je suis obligée de contrôler les moindres de mes gestes de façon à ne pas créer de perturbation. Je jure que cela n’est pas évident surtout si les parents sont présents : ce sont eux qui bien souvent, par leur crainte, engendre la panique en se mettant à vociférer et voler dans tous les sens.

      Cet après-midi, il fait beau et tout le monde prend l’air, dommage qu’il soit trop tôt pour que je fasse mon travail !…

 

 


Copyright (c) 2004 Tous droits réservés.

j-le-dall@wanadoo.fr