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ISamedi 16 juin 2001

      Depuis plusieurs jours, je ne voyais pas grand chose à raconter, la vie suivait son train-train quotidien, les allées, les venues, les becquées, les petits becs avides, les cris d’espoir chaque fois qu’un adulte passait près d’un nid, les parents récupérant les excréments aux derrières des oisillons et s’en débarrassant à l'extérieur du bâtiment…Bref, pas de quoi écrire un roman !

      Malheureusement, j’allais, malgré moi, créer l’événement.

      Depuis l’an dernier, le plafond de l’étable, réalisé avec du grillage sur lequel repose de la laine de verre, s’est affaissé et au-dessus du nid d’entrée, il ne reste que trois à quatre centimètres d’espace.

      Evidemment, il a fallu que je m’en mêle : les petits commençant à grandir, je pensais qu’il serait préférable de trouver un moyen de leur donner un peu plus d’aise.

      Vers 17h 30, alors que j’avais un peu temps devant moi, je décidais donc d’agir.

      Avec le manche d’un balai, j’essayais de relever le plafond. Tout se passait bien quand, sans que je comprenne ce qui arrivait, les oisillons pris de peur s’envolèrent du nid ; les portes étant grandes ouvertes, tout mon petit monde s’est retrouvé dehors en quelques secondes. Je restais pétrifiée devant la gravité de la situation.

      Que faire ? Je n’osais plus bouger. Je repris mes esprits et commençais à chercher. Pendant une demi-heure, je fouillais la cour, le jardin, inspectais chaque bâtiment, scrutais chaque arbre, chaque toiture, rien…Pas la moindre trace de mes oisillons, j’étais désolée et ne savais plus à quel saint me vouer. Pourtant, l’heure de la traite des chèvres était dépassée, il fallait donc que je me remette au travail.  En rentrant dans l’étable, je vis le père perché près du nid vide,  Dieu que je m’en voulais, lui qui avait tant peiné à nourrir ses petits depuis la mort de la mère, il me regardait l’air interrogateur et cela me rendait encore plus malheureuse. Je commençais malgré tout mon travail.

       Un moment après, le Papa était à nouveau là et dans le nid, j'avais l’impression que quelque chose bougé : effectivement, un bébé occupait à nouveau les lieux, était-il rentré ou n’était-il jamais sorti ? Là était la question et je ne pouvais pas y répondre, mais le fait qu’il reste, au moins un petit me rassurait pour le père. Ca n’est pas pour autant que je ne continuais pas de culpabiliser, ils étaient si petits, guère plus gros qu’un œuf de poule et commençaient seulement à escalader le bord du nid, présentant leurs derrières à l’extérieur pour faire leurs besoins.

       Vers 19h, je finissais de traire les chèvres, un chahut à l'entrée attira mon attention : plusieurs hirondelles voletaient devant la porte criant de toute leur force et, parmi elles, il y avait trois petits hirondeaux, … mes hirondeaux. Mais cela n’était pas gagné, il fallait réussir à les rentrer dans l’étable. Le père, inlassablement, volait des petits, perchés sur la porte, au nid, les incitant à le suivre et cela fini par payer…Un à un ils regagnèrent la demeure familiale, mais non sans de gros efforts... J’étais ravie et prête à crier au miracle, cela était à peine croyable, comment le père avait-il pu retrouver toute sa petite marmaille ?

      Mais la journée n’était pas terminée et les surprises non plus.

      Pour moi, il était l’heure de dîner. Je prenais donc mon repas mais celui-ci fût bientôt interrompu par un nouveau brouhaha, que se passait-il encore ? Je sortais donc. Là, je vis le père virevoltant devant l’entrée et accroché au rebord de la fenêtre, un oisillon, cela devenait du délire ! Quand les choses allaient-elles rentrer, définitivement, dans l’ordre ?

      Je pénétrais dans le bâtiment, rallumais la lumière et la radio espérant ainsi, aider le petit à retrouver son chemin. J’en profitais pour regarder ce qui se passait au niveau du nid. Surprise, il y avait quatre têtes qui semblaient suivre les événements…Cela voulait dire que le petit, dehors, était le numéro cinq. Moi qui avais toujours pensé qu’ils n’étaient que quatre !

      Mais cette fois encore, les choses n’allaient pas être faciles pour le pauvre Papa !

      En sortant, je fis attention mais l’oisillon quand même effrayé s'envola sur un lilas, situé à quelques mètres de l’étable. Son père essayait, désespérément, de le ramener vers le reste de la famille ;  voyant que pour l’instant il n’y arriverait pas, il se remit en quête de nourriture allant du nid au petit entêté. Cela a duré une demi-heure : le jeune sur sa branche, le père atterré devant tant d’obstination.

      Une mésange eut la malencontreuse idée de venir se poser sur le lilas, et voilà notre hirondeau à nouveau effrayé. Du coup, nouvel envol, mais cette fois au-delà des limites du jardin, donc impossible à suivre, ne serait ce que du regard ! Pour moi, cette fois, il n’y avait plus d’espoir.

      J’attendais quand même espérant je ne sais quel miracle, un nouveau peut-être. Et c’est ce qui arriva.   Au bout d’un certain temps, une demi-douzaine d’hirondelles vociférant à tue tête finirent par ramener le jeune fugueur.

      Au moment de fermer les bâtiments, tout semblait être rentré dans l’ordre.

      Un doute subsistera malgré tout dans mon esprit : et s’ils avaient été six ? Je ne le saurais jamais, j’espère seulement que non...

16/06/01 19:51 Confidences de nos jeunes aventuriers : « Nous sommes contents d’avoir retrouvé la chaleur de la maison, d’autant plus, qu’aujourd’hui, il fait un temps à ne pas mettre un oiseau dehors. Notre Papa est génial, il ne nous en veut pas trop de notre escapade et  redouble d’activité pour satisfaire l’appétit que nous manifestons avec de plus en plus de force. Nous avons aussi pris de la hardiesse, nous enjambons maintenant le nid et allons nous dérouiller les pattes et faire quelques effets d’ailes, sur la planchette qui retient la construction.

 Bref, tout va bien ! »

Lundi 18 juin 2001

      « Ca y est, aujourd’hui, nous avons fait notre première sortie officielle et avec l’accord de Papa. Nous ne sommes pas allés très loin, le plus souvent sur le haut des battants de la porte, mais cela était amusant et nous l’avons fait plusieurs fois. Le plus petit d'entre nous est resté terré au fond du nid comme l’autre jour, quelque fois quand même, il nous regardait avec envie…Les petits copains d’en face ont, eux aussi, fait leurs premiers essais de vol, mais il faisait froid et ils ont préféré regagner la chaleur de leur maison. »

      Quant à CARUSO, je trouve que c’est ou un fainéant ou un macho, il passe son temps à chanter sur son fil dehors ou…sur son fil dedans, à regarder ce qui se passe, à chanter…TETE BLANCHE, elle, doit nourrir, seule, sa progéniture pendant que monsieur prend du bon temps…

Mardi 19 juin 2001

      Ciel bleu, petit vent, la météo est idéale pour passer la journée dehors !

      C’est ce qu’ont fait nos jeunes explorateurs. Du matin au soir, ils ont voleté d’un fils électrique à un autre mais sans jamais trop s'éloigner des bâtiments, le petit dernier était même de la partie.

      Le père est vraiment extraordinaire : habituellement, quand les petits sont prêts à voler, je les retrouve perchés dans l’étable, le matin en commençant mon travail et, dés les portes grandes ouvertes, les parents les entraînent à l’extérieur et je ne les revois pas de la journée, bien souvent, malheureusement, ils ne rentrent pas tous, le soir ; lui, les habitue peu à peu à quitter le cocon familial. Je trouve cela absolument super, ils seront assurément bien mieux préparés à affronter les dangers qu’ils rencontreront lors de leur premier grand envol.

      Les chats eux, n’apprécient pas vraiment cette période d'apprentissage. Je ne les laisse plus sortir dehors en ce moment, nos jeunes aventuriers sont encore trop hésitants et feraient des proies faciles pour mes félins, alors essayons d’éviter les drames…

      Hystérie dans la chèvrerie. A nouveau, nous avons, depuis plusieurs jours, la visite non souhaitée, d’un intrus. Avec la jeune génération, les parents sont excessivement agressifs envers tout ce qui est nouveau, il est préférable de ne pas se trouver dans les parages, les poursuites sont infernales, quant aux cris n’en parlons pas…Mais cela n’a pas l’air de décourager l’envahisseur.

Mercredi 20 juin 2001

      Leçon d’aujourd’hui : apprendre à attraper la becquée hors d’un perchoir. Le père ravitaille ses petits posés sur un fils dans la cour mais reste à une courte distance et les oblige à voler pour venir chercher la nourriture tant attendue. Attendrissant pour l'observateur, stressant pour nos jeunes oiseaux !

      Ils font aussi, de nombreuses entrées et sorties, histoire de se familiariser avec la porte du bâtiment. Les progrès sont impressionnants, mais ils sont loin d’avoir l’agilité des adultes…  Je me demande à quelle vitesse volent les hirondelles, c’est inouï la rapidité à laquelle elles se déplacent et quand pour une raison ou une autre, elles se poursuivent dans l’étable, il est préférable de ne pas se trouver dans les parages…

Samedi 23 juin 2001

      Il y en a qui ne doute vraiment de rien !

      L’intrus de l’autre jour, n’était pas un, mais deux. J ‘avais bien remarqué que les nids étaient l’intérêt principal des nouveaux venus, mais je ne me doutais pas de leur intention : s’accaparer de l'un des nids. Celui de notre père courage et de ses petits étant vide durant la journée, c’est sur celui-ci qu’ils ont fini par jeter leur dévolu et je suis obligée de jouer les gendarmes si je veux que mes bébés aient un lit où dormir.

      C’est de la folie, je ne sais pas ce qui se passe. Ils sont plusieurs couples à chercher un abri, tout bâtiment dont les portes sont ouvertes est investi par les oiseaux, tant et si bien que je suis obligée de fermer les locaux où je ne veux pas de nid.     

      Je ne sais pas ce qui peut justifier cette invasion. Apparemment, il y aurai au moins trois nouveaux couples, ce qui monterait à sept le nombre de familles sur les lieux. C’est du délire ! Quand tout le monde sera apte à voler, cela fera une quarantaine d’oiseaux dans la cour et je dois dire que cela ne m'enchante pas plus que cela.

      Il faut que j’explique que j’ai une véritable phobie des oiseaux. Je les regarde avec plaisir, je les observe même, je les nourris en hiver : il y a plusieurs mangeoires dans le jardin, mais si l’un d'entre eux pénètre dans la maison, je suis sortie avant lui…

      Et les hirondelles ? 

      Eh ! bien, cela n’a pas été évident au début. Les premières se sont établies dans la petite étable en face de la maison, là où j'élevais les chevrettes. Je dois avouer que j’avais une peur bleue mais il fallait bien que je fasse mon travail, c’était un véritable cauchemar…

      Puis, petit à petit, j’ai commencé à m’habituer à leur présence, mais je n’étais pas très fière quand je pénétrais dans le local. Ce que je redoutais le plus, c’était qu’elles me passent trop près de la tête. Elles l’ont sans doute compris et je me suis surprise à aimer leur présence.

      J’ai commencé à les observer et ai découvert un oiseau exceptionnel. Ceci dit, ce que j’accepte des hirondelles, n’est pas forcément vrai pour les autres volatiles. Je pense qu’elles m’ont apprivoisée et non le contraire.

       Mais parlons un peu des nouveautés dans l’étable.

       Nos jeunes aventuriers font d’énormes progrès et vont maintenant faire de grandes ballades dans le ciel. Je peux les suivre des yeux, ils sont faciles à repérer : les adultes ont une grande queue formée de deux pointes, les petits, eux, n’ont pas encore cet appendice et leur queue se résume à une sorte de trapèze, de plus, quand ils volent, leurs battements d’ailes sont beaucoup plus rapides et plus fréquents que ceux de leurs aînés et bien souvent, on peut les entendre pousser des petits cris, est-ce de peur ou de plaisir ? Ca par contre, je ne saurais le dire.

      Le soir, vers dix-neuf heures, ils se regroupent sur le fil électrique qui joint les deux bâtiments et semblent se reposer d'une journée bien remplie. Parfois, ils s’envolent à nouveau mais pour raser le sol, ils ont compris que de la sorte, ils pouvaient trouver quelques insectes, bien venus, pour les restaurer. C’est amusant de les voir, le bec grand ouvert, à quelques centimètres de l’herbe, encore un peu gauches et se posant parfois sur le sol. Cela rend les chats à la fenêtre du salon, complètement fous, ils grimpent aux carreaux, poussent des petits cris pour appeler les oiseaux, je n’ose imaginer leur présence dans le jardin à ce moment là…Comme on dit aujourd’hui, «bonjour les dégâts ».

      TETE BLANCHE, elle, préfère les cours particuliers. Elle sort ses oisillons l’un après l’autre du nid et reste dans l’étable pour parfaire l’éducation de ses enfants.  Cela fait déjà deux jours que l'école a commencé, et ce matin, les quatre petits étaient perchés sur le volet intérieur, je pense même que deux d’entre eux sont sortis avec leur père qui semble enfin, reprendre son rôle au sérieux…

Mercredi 27 juin 2001

      Je pensais n’avoir que des histoires sympas et attendrissantes à raconter, mais la vie n’est pas toujours drôle même pour les hirondelles.

      Samedi, TETE BLANCHE a sorti ses petits, dehors, pour la première fois. Il faisait très beau et, à priori, il ne devait pas y avoir de problème, oui mais le soir, un seul est rentré au nid. Je me demande ce qui a bien pu arriver aux autres : pour leur première sortie, elle avait emmené sa progéniture dans un vieux prunier à côté du jardin, ce qui pouvait sembler judicieux étant donné la forte chaleur de l’après-midi, mais je sais que cet endroit est très fréquenté par les chats du voisinage…

      Le lendemain, elle est rentrée seule avec CARUSO.

      Depuis, ils sont absents toute la journée et ne regagnent leur demeure que le soir tombé. Parfois, CARUSO vient faire une courte incursion dans l’étable pour s’assurer que son nid est toujours là (interprétation de ma part), puis il repart.

      Ont-ils confié leurs petits à une autre hirondelle ?  C’est un cas de figure que j’ai déjà constaté. J’espère de tout cœur qu’il s'agit bien de cela.

      Notre père Courage, lui, emmène sa petite famille pour de grandes ballades toute la journée. Malheureusement, un couple squatter essaye de s’accaparer son nid et c’est un véritable drame quand, un petit, éreinté, veut retrouver un peu de repos dans sa couche : avant-hier, j’ai cru que la femelle allait tuer l’oisillon reprenant quelques forces dans son nid, j’ai donc été obligée de la chasser. Mais l’agressivité du couple ne s’arrête pas là, il guette les petits s’approchant de l’étable et les chasse avec méchanceté ; c’est ainsi que depuis deux jours il manque deux hirondeaux à l’appel.

      Les jeunes sont suffisamment grands maintenant, pour dormir en dehors du nid. Hier, j’ai donc décidé, après mure réflexion, de détruire la construction qui, d’ailleurs, menaçait de s’effondrer. Je pensais que cela découragerait les intrus et qu’ils quitteraient les lieux, mais pas du tout, ils cherchent à occuper d’autres nids vides pendant la journée, je ne sais plus que faire. Quant à la famille de notre jeune couple, après avoir fait leurs premiers envols hier, dans le bâtiment, nos jeunots prennent leur premier bol d’air.

      Aujourd’hui, ils sont juste au-dessus de la fenêtre du salon et ne semblent pas très réchauffés, il faut dire que la température a chuté de dix degrés depuis hier, mais les parents sont là pour les réconforter et leur apporter quelques friandises pour les récompenser de leur courage. Je n’en vois que trois, j’espère que les deux autres sont restés au chaud.

      Un autre couple a commencé une nouvelle construction dans la petite étable. Au moins ce ne sont pas des envahisseurs comme ceux de la chèvrerie…

Vendredi 29 juin 2001

      DUR, DUR D’ETRE UN BEBE HIRONDELLE !

      Première surprise, avant-hier soir, TETE BLANCHE et CARUSO sont rentrés à la maison avec trois de leurs petits, je dois dire que l’étonnement fut grand et la joie sans commune mesure. Je me demandais où ils avaient bien pu passer ces derniers jours et surtout les nuits ; la réponse m’a été donnée, en partie, par le jeune couple qui avait sorti sa progéniture ce même jour : à la nuit tombée, qu’elle ne fut pas ma surprise de les voir rentrer deux des petits et laissé les trois autres sur le fil au-dessus de la fenêtre du salon. Ils me faisaient de la peine tous les trois blottis les uns contre les autres, le duvet tout gonflé, mais que faire ? Je pense qu’il s’agit là d’une sorte d’initiation, une épreuve d'endurance, mais c’est quand même dur !

      Du coup, plusieurs petits du nid d’entrée ont profité de la place libre et se sont couchés avec les petits copains, pas trop contents au début, mais qui ont fait contre mauvaise fortune bon   cœur ; les parents après avoir, eux aussi râlé, ont fini par céder.

       Pas heureux nos petits orphelins, le couple squatter n’arrête pas de les chasser, de les pourchasser dès qu’il les aperçoit et se sont des poursuites effrénées tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, de méchants coups de bec, un véritable enfer pour nos petits… Le pire, c’est que ces «harpies» agissent de la sorte avec tous les hirondeaux, heureusement, les parents interviennent, non sans quelques bagarres, et les jeunes peuvent ainsi regagner leur «dodo» pour un repos bien gagné.

      Pour essayer de décourager le couple indésirable, j’ai, comme je l’ai raconté l’autre jour, détruit le nid, mais cela n’a pas suffit : la femelle a commencé une nouvelle construction à la place de l'ancienne ; lui, qui est un fainéant fini, se contente de regarder, d'encourager et d’ouvrir le bec chaque fois que sa femelle approche (ce genre d’individu n’existe pas que chez les humains …).

      Bref, il n’est pas question que ces deux oiseaux fassent régner la terreur dans l’étable. J’ai donc camouflé du mieux que j’ai pu l'emplacement convoité, mais j’ai bien peur que cela ne suffise pas, ils sont encore là aujourd’hui. Je ne sais plus que faire…

      Mais revenons à notre «loft story» car c’est bien de cela dont il s’agit...

      CARUSO a décidé que le nid construit à leur arrivée ne lui convenait plus, aussi, le voilà jouant à nouveau les bâtisseurs, mais cette fois encore, pas facile de trouver l’endroit parfait…J’ai détruit l’ancienne demeure et me suis aperçue qu’elle était remplie de vermine (quand un nid est déserté, je préfère l’enlever, en général c’est qu’un problème a eu lieu : parasites, petit mort…et pour les chèvres, cela n’est pas très recommandé, surtout quand on sait que les vétérinaires déconseillent la cohabitation entre les deux espèces, les hirondelles étant vecteur de nombreuses maladies).

      Plusieurs fois ces jours-ci, «alerte générale, tout le monde aux abris», effectivement, nous avons eu la visite des «ogres» du ciel : les éperviers, et cette année ils sont trois, pas facile pour nos oiseaux ! Les jeunes étant de plus en plus nombreux à sortir, les rapaces sont attirés par ces proies faciles, les parents arrivent à protéger leur famille quand ils se retrouvent face à un seul épervier, mais face à trois, j’ai bien peur que le problème soit plus difficile à résoudre, même avec l’aide des copains…Hier, lors de leur apparition, je me trouvais dehors avec un trousseau de clés à la main, et chaque fois que je faisais du bruit avec les clés, ils reculaient, mais je pense qu’il s’agit là d’un hasard et même si cela ne l’était pas, je ne peux pas passer mes journées, le nez en l’air, à guetter les méchants oiseaux.

      Quand je pense que cette espèce est protégée !    Les hirondelles sont, elles aussi, de moins en moins nombreuses, ça n’est pour cela que nous essayons de les aider, il n’y a qu’à voir le nombre de ces oiseaux que nous trouvons sur le bord des routes, morts après avoir été heurtés par nos chères voitures…

Lundi 2 juillet 2001

      Le cauchemar est-il enfin fini ?

      Depuis maintenant plus de huit jours, il n’y avait pas moyen de se débarrasser du «couple infernal». Que de méchanceté chez ces deux oiseaux ! Plus personne, grand ou petit, n’osait pénétrer dans les bâtiments, même agressivité vis à vis de tout le monde.

      Dès que je le pouvais, j’essayais de mettre un peu d’ordre dans tout cela, mais pas évident de faire comprendre à «ces têtes de mules» qu’elles n’étaient pas les bien venues. Il est vrai que la grande étable est un véritable «Carlton» pour y installer ses appartements : on travaille, on couve, on nourrit les petits en écoutant Bach, Mozart, Ravel, Vivaldi…on dort au chaud, les chats sont tenus à l’écart et l’espace y est relativement important, bref, le rêve ! Alors les places sont recherchées.

      Ceci dit, ça n’était pas une raison pour que ces deux affreux s'imaginent que tout leur était dû, et surtout de se montrer aussi cruels avec les autres habitants. Donc, je n’ai plus vu ces  parasites depuis ce matin, il faut dire que je leur ai fait une telle frousse en les poursuivant dans l’étable avec le balai à gazon, que cela a du finir par les rebuter.

      CARUSO et TETE BLANCHE étaient présents lors de la course infernale, mais eux, qui avaient eu à subir les méchancetés du couple, restaient complètement impassibles. Parfois quand même, CARUSO quittait son perchoir et fonçait sur le mâle : il faut dire qu’il n’arrivait plus à construire son nouveau nid, chaque fois qu’il partait chercher des matériaux, l’intrus en profitait pour occuper la frêle construction ;  alors, puisqu’il était question de chasser      l'intrus, autant donner un coup d’aile et surtout de bec…

      Ces derniers soirs, il n’y avait, dans l’étable, que six petits sur quatorze, les autres étaient, inévitablement, chassés…

      Cet après-midi, ils étaient une quinzaine sur les fils dans la cour, c’est la première fois que les parents les faisaient voler au-dessus de la maison et du terrain depuis l’arrivée des deux terreurs. Le «téléphone arabe» a, apparemment, vite fonctionné !

      Il fait un temps superbe, j’ai donc passé de longs moments dehors et j’ai pu approfondir  mon observation des hirondelles blanches : elles sont beaucoup plus petites que les noires mais aussi plus rondes, elles n’ont pas cette longue queue que possèdent leurs cousines et leur cri est très différent : je ne le trouve, d’ailleurs, pas agréable, il est plus rauque. Mais cela n’empêche pas ces hirondelles d’être très jolies.

Vendredi 6 juillet 2001

      Depuis plusieurs jours, la nouvelle génération se regroupe en tout début d’après-midi, au soleil, sur les fils de la cour, ils sont entre quinze et vingt, difficile à dire : l’un s’envole, l’autre se   pose…, un couple d’adultes, apparemment, encadre ce petit monde. On prend son envol tous ensemble, on se pose, on s’envole à nouveau, on se repose…Cela ressemble fort à un nouvel exercice d'apprentissage.  

      Ils sont de moins en moins nombreux à dormir au chaud dans les étables, seuls deux petits rentrent encore le soir à l’abri, aucune idée de l’endroit où vont les autres.

      Les parents eux, après avoir ou reconstruit ou arrangé la literie (apport de nouvelles plumes ou brindilles) pensent déjà à donner des petits frères à leurs aînés, qui du coup, ne sont pas les bienvenus aux alentours des nids et parfois même, chassés avec violence.

      Nous avons de l’orage depuis trois jours.

      Pas de pitié pour nos jeunots. Ils restent sous la pluie de longs moments et les parents ne font rien pour les inciter à rentrer à l'abri, c’est assez difficile de voir ces petites boules de duvet, blotties les unes contre les autres, complètement trempées, mais que faire ?

      Décidément, la vie est très dure pour nos jeunes oiseaux, mais je pense que c’est à ce prix et à ce prix seulement, qu’ils pourront apprendre à s’en sortir dans leur future vie.

      Quant à notre mâle indésirable, il continue à chasser quiconque approche de l’étable, à mon avis, il a dû écouter trop d’histoires et se prend pour une «des oies du Capitole». C’est une véritable peste et les autres ont bien du mal à pouvoir trouver un peu de quiétude. Mais je pense qu’il a des problèmes : genre «araignée au plafond», comme on dit familièrement…  Je l’ai vu avant-hier, attaquer à une tourterelle qui était gentiment perchée sur le bord du toit. Pas vraiment net cet oiseau !

 

 


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